Cooper un constructeur pas si « Mini »

Cooper Car Company est fondée dans les années, officiellement, 50 par Charles Cooper et son fils John. Mais la première Cooper est sortie du petit garage de Surbiton en 1946. Charles conçoit une petite monoplace pour son fils John et son ami Eric Brandom. Avec des pièces de FIAT Topolino et un moteur 500 cm3 JAP de moto, pour créer la Cooper 500. Une monoplace qui ne paye pas de mine et pourtant, Cooper vient déjà de révolutionner la monoplace en plaçant son moteur à l’arrière. En effet, pour conserver la transmission d’origine du moteur JAP, Charles installe le moteur à l’arrière alors qu’à l’époque, les monoplaces avaient le moteur à l’avant.

Un garagiste qui fait des étincelles

En plus d’être très maniable grâce à une propulsion arrière, la Cooper 500 est la voiture la moins chère du marché. De nombreux pilotes et team viennent se fournir chez Cooper Car, Stirling Moss, Peter Collins ou encore Bernie Ecclestone. Les Cooper 500 courent en course de côtes, et même dans la toute nouvelle discipline, la Formule 3 qui unifie les championnats de « voiturette ». Plus de 60 victoires répertoriées dans différentes courses pour la Cooper 500.

Cooper_500_Mallory_Park

Cooper 500 JAP

Cette petite monoplace sera d’ailleurs à l’origine de la première Formule 1 de la marque. La Cooper T12 sera elle aussi propulsée par un moteur de moto JAP de 1 100 cm3 cette fois, un V2. La voiture débute à Monaco, Grand Prix le plus célèbre à l’époque déjà, avec Harry Schell au volant. Hélas, peu après le départ, Schell est pris dans le carambolage du départ qui met un terme à sa course et également au début de Cooper en F1 qui ne reviendra qu’en 1952.

Le retour en 1952 avec la T20 à moteur Bristol est rapidement une réussite, Alan Everest Brown se classe 5e en Suisse, 6e en Belgique. Mike Hawthorn, 4e en Belgique et aux Pays-Bas, puis 3e en Grande-Bretagne premier podium du constructeur en Formule 1.

La Formule 1 devient le terrain de jeu de Cooper

John Cooper rejoint officiellement son père à la tête de l’équipe familiale, la Cooper Car Company naît donc en 1953. La T23 succède à la T20, toujours avec un Bristol V6, de nombreux pilotes et structures privées tentent leur chance en championnat du monde, Ken Wharton, Bob Gerard, RJ Chase, Atlantic Stable, Tony Crook, Equipe Anglaise, Ecurie Ecosse ou encore Rodney Nuckey, sans succès. L’équipe usine participe à sept Grand Prix lors de cette saison 53, avec la T20, T21 et T23 sans plus de succès. Une Cooper Special à moteur Alta 4 cylindre en ligne est mise en piste pour Stirling Moss à partir de la France, il termine 6e en Grande-Bretagne. Le moteur Alta plus léger que le Bristol semble plus prometteur pour l’avenir.

À part le Grand Prix de Grande-Bretagne 1955, Cooper Car n’aligne pas d’écurie usine en F1 entre 1954 et 1956, en revanche de nombreuses Cooper T23 Bristol ou T24 Alta sont engagés par des privés, Peter Whitehead, RJ Chase, Gould’s Garage, Bob Gerard, Ecurie Richmond. Cooper fait un retour officiel en 57 avec la T43 Climax et la T44 Bristol avec aux volants, Jack Brabham ou encore Roy Salvadori. L’Australien terminant 4e à Monaco avec la Cooper-Climax.

La création du championnat du monde des constructeurs 1958 intéresse beaucoup Cooper qui augmenta sa participation dans la discipline. La marque continuant de vendre des monoplaces pour les championnats juniors. Cooper aligne des T43, T44 et T45 à moteur Climax arrière pour son équipe et ses clients privés. Ferrari, trouvant toujours l’idée d’une propulsion arrière étonnante, déclara « Les chevaux tirent la charrue et ne la poussent pas. » Cooper et ses pilotes allaient lui donner tord pour les deux prochains championnats.

Dès le premier Grand Prix de la saison, Cooper et Stirling Moss s’imposent en Argentine. Maurice Trintignant décroche la victoire pour la firme anglaise à Monaco. Les pilotes marqueront de nombreux points et feront plusieurs podiums dans le reste de la saison, Vanwall remporte la première coupe constructeur et Cooper termine 3e sur le podium bien décider à décrocher la victoire en 59.

Cooper champion du monde de Formule 1

Vanwall se retire comme équipe usine, laissant Cooper quasi seul face à Ferrari, le Team Lotus étant encore naissant. Bruce Mclaren, Maurice Trintignant, Jack Brabham, Masten Gregory et Giorgio Scarlatti seront aux volants des Cooper officielles. Cooper peut aussi compter sur une armada de privés sur une ou plusieurs courses avec des T45 Climax ou Borgward, Écurie Bleue, Mike Taylor, OSCA Automobili, RHH Parnell, United Racing Stable, Gilby Engineering, Equipe Alan Brown, Ace Garage, Scuderia Centro Sud, Emeryson Cars, B Ecclestone, High Efficiency Motors, British Racing Partnership, RRC Walker Racing Team, Jean Lucienbonnet et l’Écurie nationale belge.

Avec la T51 Climax de l’écurie d’usine, Jack Brabham va remporter plusieurs victoires en 1960, ses équipiers plusieurs podiums et de gros points. Bruce Mclaren remporte son premier Grand Prix en F1 à Sebring. 5 victoires et 13 podiums permettent à Cooper de décrocher le titre constructeur, Jack Brabham coiffant la couronne pilote. Cooper reviendra en 1960 encore plus forte avec la T51 Climax et la T53, les Britanniques vont écraser toute concurrence. Mclaren remporte la manche inaugural devant ses coéquipiers. Bruce Mclaren est 3e à Monaco, Tony Brooks après une énorme remontée termine 4e. Cooper réalise le triplé en France, en Belgique, un doublé au Portugal, Cooper renouvelle l’exploit de 1959 et Jack Brabham également. Beaucoup de constructeurs commencent à construire des voitures à moteur arrière. Même Ferrari admet que l’avenir est au moteur installé à l’arrière.

Cooper_T66_Donington_paddock

Cooper T66

La saison 1961 voit une nouvelle réglementation entrer en vigueur, les moteurs sont limité à 1,5 litre de cylindrer. Ferrari, qui produit ses propres moteur a déjà intégré le nouveau règlement. Cooper, qui utilise une motorisation cliente doit ce contenter de ce que lui fournis son partenaire. Climax semble ne pas avoir anticipé assez tôt le changement de règlement et ne possède pas les installations de Ferrari. La Scuderia débute donc la saison 1961 comme favorite et va le prouver toute la saison. Les T55 et 58 de Cooper, bien conçu n’y changeront rien. Jack Brabham et Bruce Mclaren ne remporteront aucune victoire, seulement quelques podium. Le Climax rend plusieurs chevaux au moteur Ferrari. Les privés, Scuderia Centro Sud, Écurie Bleue, RRC Walker Racing Team et bien d’autres, ne feront pas exception à l’équipe usine n’inscrivant que quelques points. 18 points seulement pour Cooper en 61, le constructeur termine 4e au pied du podium.

La concurrence se renforce, Cooper a du mal à faire face

À partir de 1962 commence un lent déclin pour la marque Cooper, Ferrari, Lotus ou BRM étant un cran au dessus. Jack Brabham est parti créer sa propre écurie, Motor Racing Development (Brabham). Bruce Mclaren devient alors le leader du constructeur britannique. Après quelques points ramenés par Tony Maggs, Bruce Mclaren remporte la course à Monaco. Succès qui ne sera pas renouvelé, le reste de la saison est très compliqué, de nombreux abandon, une concurrence très forte, Dan Gurney et Porsche remporte leur premier Grand Prix en cette saison 62. Bruce Mclaren signe plusieurs podiums et termine tout de même 3e du championnat pilote. Ferrari a été écarté de la course au titre en terminant 5e, c’est BRM qui remporte le titre devant le Team Lotus, cooper limitant la casse avec une 3e place dû au talent du pilote néo-zélandais et aux nombreuses Cooper privées qui ramenèrent de nombreux points, Camoradi International, Yeoman Credit Racing Team, Scuderia Serenissima, Scuderia Centro Sud, etc.

Les trois années suivantes seront le début de la descente de Cooper, Lotus, BRM ou Ferrari prenant l’ascendant. Le constructeur ne fait plus non plus le plein du côté des privés qui se tournent vers Lotus assez massivement. En 63, 64 et 1965 Cooper doit se contenter de la 5e place constructeur.

Grâce à une voiture très bien conçue, la T81 monocoque une première, Cooper reprend des couleurs en 66 en terminant 3e du championnat et en remportant le Grand Prix du Mexique avec John Surtees première victoire depuis trois ans. À noter que lors de cette saison 66, Cooper a troqué ses moteurs Climax pour des V12 Maserati. Cooper démarre 67 sur une bonne note avec une victoire de la T81 Maserati aux mains de Pedro Rodriguez devant une autre Cooper, privée celle-là, celle de John Love une T79 Climax. Malgré la mise en chantier d’une nouvelle voiture, la T86, en court de
saison les Cooper ont bien du mal à la régulière face aux Lotus, Ferrari et aux Brabham. La T86 terminant parfois dernière des T81B ou T79 privé. Le constructeur de Surbiton glane tout de même un maximum de points quand c’est possible bien aidé par les privés et termine tout de même 3e constructeur. Cooper peut remercier ses clients Jack Durlacher Racing Team, Joakim Bonnier Racing Team, John Love, Guy Ligier, Charles Vögele Racing et Tom Jones qui ont permis de sauver la mise en 67. Ce ne sera hélas plus le cas dès la saison suivante.

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Cooper T86

1968 la fin pour Cooper l’équipe fait débuter la T81, puis une version corrigée de la T86 la T86B qui en profite pour troquer le V12 Maserati pour un BRM de même architecture. La nouvelle « voiture » et surtout le nouveau moteur semble apporter à Cooper un regain de compétitivité, Brian Redman termine 3e, ses équipiers marquant des points à Monaco et en Belgique. Puis plus rien, des résultats vierge, et surtout aucune victoire. Vic Elford marquant tout de même quelques points en fin de saison, Cooper termine 6e constructeur avec seulement 14 points inscrits et un nombre de clients qui a continuer à fondre.

La fin de Cooper en F1, l’héritage via Mini

Dans les années 50-60, les pilotes et écuries privés étaient presque l’une des sources de revenus première d’un constructeur devant les sponsors. Lorsque, John Cooper, le patron et pilote d’essai de la marque se blesse lors du test d’une voiture cela sonne la fin, la famille Cooper décidant de retirer définitivement l’écurie usine de la Formule 1.

Deux Cooper T86B Maserati feront leur apparition au Grand Prix de Grande-Bretagne 1969 pour le compte des équipes Antique Automobiles et Falken Racing, ce sera la dernière apparition de Cooper en F1.

La marque participe à la célèbre course monoplace américaine, les 500 miles d’Indianapolis, en 1961 avec Jack Brabham au volant d’une Cooper-Climax, il termine 9e de la course, un jolie résultat pour un pilote et un constructeur rookies.

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Indianapolis 500 1961, Jack Brabham Cooper-Climax

Cooper est également devenu célèbre pour la préparation des célèbres Mini-Cooper qui a fait la renommé du nom et grossit le palmarès de Cooper en Rallye.

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Mini Cooper

Mini, fondée en 1969 au sein de BMC (British Motor Corporation) et commercialisée sous comme modèle des marques Austin, Morris, Rover, Wolseley, Riley, Leyland ou encore Innocenti. Mini est devenu une marque du groupe BMW en 1994. Cooper, via John Cooper Works continue de préparer les voitures de la marque Mini.

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